Retour sur les crues des bassins du Célé et du Lot des 12 et 13 février 2026
Les crues qui ont touché les bassins du Célé et du Lot médian entre le 12 et le 13 février derniers ont occasionné de nombreux débordements sur tout le territoire. Dans l’ensemble, on peut comparer cet épisode aux crues décennales de février 2021, avec des différences localisées. Sur le Célé, la crue a culminé à 2,57m à la station de mesure du pont Gambetta, quelques centimètres sous le pic de 2021 (2,60 m). Le Lot est quant à lui monté à 4,98m à la station de mesure de Capdenac, pour 5,28m en 2021. Quelques sous-bassins comme le Riou Mort et l’Arcambe ont cependant vécu un épisode plus intense.
Quelques éléments d’analyse hydrologique
Le pic de crue a été atteint à peu près en même temps à Maurs sur la Rance et à Bagnac sur le Célé (en aval de Maurs, après la confluence). Cela peut s’expliquer par un temps de concentration (c’est-à-dire le temps entre la tombée de la pluie et la montée de l’eau) plus faible sur le bassin-versant du Célé par rapport à celui de la Rance : l’onde de crue du Célé amont a ainsi atteint Bagnac avant l’onde de crue de la Rance.
L’importance de la contribution du karst pour le Célé aval par rapport à 2021 est confirmée par les données. Les 135m3/s de différence au pic de crue entre les stations d’Orniac et de Figeac s’expliquent majoritairement par l’influence du Karst. Ainsi à Orniac la hauteur d’eau atteinte par la crue cette année à légèrement dépassé celle de 2021, alors que c’est l’inverse à Figeac.
Bien que le bassin du Lot médian ait été moins touché que celui du Célé, le sous-bassin du Riou Mort a vécu un épisode plus important qu’en 2021 à cause de pluies intenses sur sa partie amont. A la station de Viviez, l’eau est montée jusque 3,4 m, pour 2,75 m en 2021. D’importants débordements ont ainsi été constatés à Viviez, Cransac ou encore Decazeville.
Des retours d’expériences pour la gestion de crise des systèmes d’endiguement
Le Syndicat a mobilisé dès mardi 10 février ses équipes pour assurer une surveillance 24h/24 des deux systèmes d’endiguement dont il a la gestion, en tant que porteur de la compétence GEMAPI (GEstion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations) : le système d’endiguement de Lafarrayrie-Sainte Claire sur le Célé à Figeac, et le système d’endiguement de la Cité Armand, sur l’Arcambe à Saint-Etienne de Maurs.
Lors des phases critiques, les équipes effectuaient une surveillance directe sur place. Sur l’Arcambe, au vu de la dynamique rapide de la crue, l’évacuation du lotissement a même été préparée comme prévu dans les protocoles d’alerte, sans que cela ne soit finalement nécessaire.
Cette crue a permis au Syndicat mixte Célé - Lot médian d’éprouver son organisation en conditions réelles et de capitaliser un nouveau retour d’expériences. Les ouvrages de protection collective ont bien joué leur rôle, sans souffrir de dysfonctionnements notables ou d’une érosion particulière. Les alertes ont été activées comme prévu lors des dépassements de seuils, qui semblent pertinents par rapport à la dynamique des cours d’eau. La communication avec les autorités (communes, DREAL) a été fluide et efficace.
Enfin, dès vendredi 13 février, lors de la décrue, les techniciens du Syndicat ont quadrillé le territoire pour relever des repères et des témoignages de la crue. Ce travail est essentiel pour le calage des modèles hydrauliques qui serviront à la planification des travaux et actions de prévention des inondation.
Des travaux de prévention des inondations ayant porté leurs fruits
Depuis plus de 10 ans, le Syndicat porte des travaux de prévention des inondations sur tout le bassin dans le cadre du Programme d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI) du bassin du Lot, animé par l’EPTB du Lot. Ces projets ont amélioré la résilience du territoire et ont contribué à réduire le risque lors de la crue. En plus des systèmes d’endiguement, on peut citer par exemple : la réouverture du Riou Viou (Auzits), les interventions sur le pont des Tuileries et le pont des Trois Eaux (Viviez), le peigne à embâcles sur le Planioles (Figeac), la plantation de haies brise-crues (tout le bassin).
En complément de ces travaux de protection collective, le syndicat porte des actions de sensibilisation et d’acculturation au risque d’inondation notamment avec la manifestation CéLot’omne (récemment primée du Grand Prix National de la résilience), ainsi que des actions de protection individuelle des bâtiments exposés aux crues, en proposant la réalisation de diagnostics de vulnérabilité. Ces derniers, entièrement gratuits, font un bilan de la vulnérabilité du bâtiment et proposent des solutions d’adaptation. Ils permettent ensuite de prétendre à des subventions de l’Etat pour la réalisation de travaux de protection.
Si votre bâtiment a été touché par les inondations, ou simplement que vous le pensez vulnérable, et que vous voulez le protéger, n’hésitez pas à contacter le syndicat au 05 65 41 47 65 ou à écrire un courriel à l’adresse
inondation@celelotmedian.com.























