Une collectivité au services des usagers, de la ressource en eau et des milieux aquatiques



Les résultats du plan d'action test

Cette étude (2008-2009) concernait principalement trois espèces : l’Ecrevisse à pattes blanches, la Moule perlière et le Chabot.

La démarche de travail, encadrée par un groupe technique, a été la suivante :

  1. Synthèse bibliographique, sélection des secteurs à étudier ;

  2. Méthodologie et outils de prospection et de suivi des populations ;

  3. Aspects administratifs et réglementaires : autorisations de capture temporaire ou de manipulation d’espèces protégées (DDEA, Préfecture, DIREN) ;

  4. Prospections et études de terrain : prospections diurnes avec aquascope (Moule perlière), prospections nocturnes (Ecrevisses à pattes blanches) et pêches électriques (Chabot) en partenariat avec l'Onema, les Fédérations de Pêche et les Techniciens de rivière ;

  5. Cartographie des stations d’espèces aquatiques, contacts et médiation auprès des propriétaires et gestionnaires concernés.

  6. Veille et information technique en vue de travaux (Service Routes Conseil Général du Cantal, DDEA du Cantal, Mairie de Cassaniouze).


L’analyse des résultats a permis de faire ressortir les facteurs limitants qui menacent les populations (pollution, maladie, compétition avec d’autres espèces, mauvaise gestion des zones riveraines…). Sur certaines stations d’espèces patrimoniales, des contacts ont été pris avec les propriétaires et gestionnaires dans le cadre de la médiation : c’est le cas pour plusieurs biefs de moulins et parcelles riveraines.

Résultats synthétiques : 90 km de cours d’eau étudiés !

-Ecrevisses à pattes blanches :

Sur les 28 cours d’eau qui ont été prospectés, seulement 14 abritent encore l’espèce. Sur ces 14 sites, 6 semblent présenter des populations en bon état tandis que dans les 8 autres les écrevisses semblent menacées. Au total, sur 77 km de cours d’eau étudiés à peine 20% du linéaire est colonisé par l’Ecrevisse à pattes blanches.
Le travail réalisé sur l’écrevisse à pattes blanches a nécessité environ 40 prospections nocturnes.
Malheureusement, la synthèse bibliographique et le travail de terrain ont aussi permis de relever plus de 70 km de cours d’eau colonisés par l’Ecrevisse de Californie.

-Moule perlière :

Des prospections ont eu lieu sur trois cours d'eau colonisés : la Rance, le Veyre et le Célé pour un total de 12,3 km qui ont été prospectés de façon exhaustive à l'aquascope. Près de 1250 individus ont été recensés et de longs linéaires favorables ont été identifiés. La mortalité constatée est assez importante puisque les coquilles de plus de 250 individus morts ont été collectées (toutes les classes d’age sont touchées). En complément du travail sur les cours d’eau, une vingtaine de biefs de moulins ont été étudiés. Dans quelques cas, ils s’avèrent intéressants pour l’espèce.

-Suivi de stations de référence :

Chabot, des populations en équilibre précaire. Des suivis ont été réalisés en 2008 et 2009 sur la Ressègue, le St Perdoux et le Bervezou. Les résultats sont relativement bons (maintien des populations) mais les effectifs sont faibles.
Ecrevisse à pattes blanches, des populations en fort déclin. Des suivis ont été réalisés en 2008 et 2009 sur le Sartre (résultats très préoccupants, cœxistence Ecrevisse à pattes blanches et Ecrevisse de Californie) et le ruisseau de la Capie (écrevisses non retrouvées, disparition supposée). Pour la première fois dans le Cantal, la peste des écrevisses (ou Aphanomycose) a été détectée par analyse génétique. Propagée par les Ecrevisses américaines, cette maladie est responsable de fortes mortalités sur certains secteurs du bassin du Célé.
Moule Perlière, des populations fortement menacées. Un suivi a été réalisé sur le Célé en 2009 et les résultats ont été comparés avec les données de 2002 - 2003. Les résultats sont très préoccupants puisque l'on constate une diminution des effectifs et des problèmes de reproduction pour cette espèce très sensible à la qualité de l'eau et des milieux.

Ce programme a aussi révélé la présence d'autres espèces patrimoniales dont la conservation présente un fort enjeu à l'échelle régionale, nationale ou européenne (Sonneur à ventre jaune, Agrion de Mercure...). Des diagnostics ont aussi été réalisés pour ces espèces et des contacts pris avec les principaux propriétaires et gestionnaires.
Les perspectives pour 2010 sont la poursuite des études, de la médiation et la signature des premières conventions de gestion (notices de gestion élaborées en partenariat avec les propriétaires et gestionnaires volontaires).



Espèces aquatiques  Mélanie Fayet   24 janvier 2010