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Résultats de l'inventaire des zones humides

Plus de 1 130 zones de plus de 0.5 hectares ont été inventoriées sur le bassin du Célé. Voici quelques éléments sur les caractéristiques de ces milieux.


Des zones humides inégalement réparties sur le territoire


es zones humides sont situées en grande majorité sur les têtes de bassin. Les bassins du Bervezou, du Veyre, de l'Anès et du Moulègre hébergent à eux seuls plus de la moitié de ces zones. Paradoxalement, la partie du territoire la moins riche en milieux humides est celle longeant le Célé notamment en basse vallée du Célé où la nature du sous-sol (karst) rend peu propice à l’engorgement des sols.


Sur le bassin du Célé, les zones humides sont globalement réparties de la façon suivante :

 

  • Les milieux riches à fort intérêt patrimonial sont principalement cantonnés aux têtes de bassin du Bervezou, du Veyre, de l’Anès et du Moulègre. Des habitats exceptionnels y ont été recensés : des Cariçaies (à Carex rostrata, à Carex vesicaria ou à Carex paniculata notamment), des Bas-marais et petites Tourbières... On y trouve des espèces emblématiques telles que les Droséras (D. rotundifolia et D. Intermedia), plantes carnivores rares et protégées. Ces zones présentent aussi un intérêt hydrologique certain.
  • Les zones humides à fort potentiel mais en forte régression sont majoritairement situées sur les sous – bassins du Drauzou, de la Ressègue, des Sources de la Rance, du Célé, de l’Aujou et de l’Enguirande. Leur intérêt patrimonial demeure fort même s’il est plus commun. Leur intérêt hydrologique est important. La pression agricole et urbaine sur ces secteurs explique la régression assez importante du nombre de zones humides.
  • Enfin, les zones humides alluviales (en bord de cours d’eau) sont surtout localisées le long du Célé, de la Rance et de leurs principaux affluents. Leur rôle patrimonial est modeste (peu d’espèces protégées) mais leur rôle hydrologique est primordial (régulation du régime des eaux). La répartition actuelle des zones humides du bassin du Célé s’explique donc tant par le contexte géologique, topographique et hydrogéologique que par la pression agricole ou urbaine qui s’exerce ou s’est exercé par le passé sur ces milieux. En effet, les dernières années ont été marquées par une forte dégradation de ces milieux. Pourtant, leur préservation est indispensable car leurs rôles sont multiples : bassins naturels d'expansion des crues, soutien des débits minimums des cours d’eau, capacité d'épuration des eaux, habitats d'espèces remarquables (espèces végétales, amphibiens, oiseaux…).

 


Des milieux et des espèces protégés


L’assemblage complexe d’habitats diversifiés confère aux zones humides du bassin du Célé une biodiversité végétale et animale intéressante.


Pour les plus férus d’entre nous, les grands types de milieux humides rencontrés sont les suivants : prairies humides atlantiques,  prairies à Jonc acutiflore, prairies acides à Molinie, pelouses humides à Nard, mégaphorbiaies, bas-marais et tourbières (rares), magnocariçaies, bois humides acidophiles, végétation d’eau courante, d’eau stagnante et de sources. Parmi les espèces recensées et outre les Droséras déjà citées, de nombreuses autres espèces sont également protégées. Les espèces végétales restent les plus faciles à observer. On peut citer notamment : Dactylorhiza maculata, Parnassia palustris, Menyanthes trifoliata, Gentiana pneumonanthe, Erica tetralix, Arnica montana, Hydrocotyle vulgaris, Ranunculus omiophyllus, Hypericum elodes, Eleocharis multicautis… cette liste ne représentant bien entendu qu’un faible échantillon des espèces végétales recensées sur le territoire. Côté règne animal, l’observation se fait bien plus délicate. Les zones humides s’avèrent toutefois le terrain de jeu idéal pour la Loutre d’Europe, les amphibiens, de nombreux lépidoptères (papillons), odonates (libellules) et autres insectes inféodés aux milieux aquatiques.

 



Zones humides  Mélanie Fayet    2 janvier 2010